Stadium : la ola durable de Mohamed El Khatib

Avec Stadium, Mohamed El Khatib réunit ses deux thèmes de prédilection : la famille et la question sociale. Après avoir mis en scène une femme de ménage sur scène dans Moi, Corinne Dadat, documenté les derniers jours de sa mère dans Finir en Beauté, il invite au Théâtre de la Ville hors les murs à la Colline les supporters du RC Lens dans un documentaire festif, drôle et éloquent.

 

Mohamed El Khatib marque un point. Archétype du folklore, le foot raconte tout le regard porté sur les manifestations culturelles émanant de la classe ouvrière. Comme dans les Corons de Pierre Bachelet, les fondateurs des tifos du FC Lens étaient des mineurs de fond, ce sont leurs enfants et leurs familles qui ont pris le relais, des hommes mais aussi des femmes dont on ne parle jamais. De la même façon, le père de Mohamed El Khatib était ouvrier et supporter.

Stadium fait se rencontrer deux mondes qui ne se voient jamais et rappelle qu’au commencement du folklore il y a le lien social. Stadium appartient à un genre capable de mettre en place des changements subtils, mais puissants.


Stadium, de Mohamed El Kathib

Présenté au Théâtre de la Colline par le Théâtre de la Ville hors les murs du 27 Septembre au 7 Octobre 2017. Stadium est donné dans le cadre du Festival d’Automne à Paris dans 5 lieux jusqu’au 17 Novembre 2017.  

conception
Mohamed El Khatib & Fred Hocké
texte
Mohamed El Khatib
environnement visuel
Fred Hocké
environnement sonore
Arnaud Léger
collaboration artistique
Violaine de Cazenove, Éric Domeneghetty, Thierry Péteau

avec
53 supporters du Racing Club de Lens

Visuels © Araso ADAGP


Betes de scene - visuel Araso ADAGP

Ils sont des Bêtes de Scène. Grand bien leur fesse!

Le joli festival Bien Faits souffle ses deux bougies à Micadanses. Au moment de la rentrée, le lieu offre ses plateaux à ses résidents, qui accouchent en direct de projets tout frais. C’est le cas de Jean-Christophe Bleton dont le Bêtes de Scène affiche complet. Malgré une longue carrière à son actif -il fait ses débuts d’interprète en 1975 chez Karin Waehner, Carolyn Carlson et Alain Marty, le chorégraphe n’a rien perdu de sa capacité d’émerveillement et de perpétuelle découverte. 

7 mecs qui à eux tous affichent fièrement 415 ans au compteur, soit la petite soixantaine en moyenne, sont face à un tableau noir comme des écoliers impénitents. Ils jouent aux fléchettes. Une heure plus tard, les mêmes, à poil, courant en cercle comme dans la vie carcérale, ont maculé le tableau noir géant de tous leurs désirs, peurs, maladie combinées -on adore le compulsif qui écrit frénétiquement «colique néphrétique». A le voir tagguer comme un possédé, en long en large et en suspension, on imagine comme il a souffert. 

C’est quoi séduire pour un homme qui vieillit? C’est quoi le rapport au corps, au vêtement, au regard de l’autre quand on a la peau qui plisse? Qu’est-ce que le cycle de la vie implique comme changement de rythme(s)? Est-ce qu’on a encore le droit de s’éclater quand on est monsieur tout le monde et qu’on a soixante balais?

C’est doux, c’est touchant, c’est bienveillant et drôle, presque trop court. On est ravis d’avoir fini ce festival sur cette note.


BÊTES DE SCÈNE de Jean-Christophe Bleton, Les Orpailleurs

Conception chorégraphique : Jean-Christophe Bleton, en collaboration avec les interprètes et assisté de Marina Chojnowska / Interprétation : Lluis Ayet, Yvon Bayer, Jean-Christophe Bleton, Jean-Philippe Costes-Muscat, Jean Gaudin, Vincent Kuentz, Gianfranco Poddhige Lumières : Françoise Michel / Création sonore : Marc Piera / Scénographie : Olivier Defrocourt

Composition et interprétation à la cornemuse : Yvon Bayer / Photographe : Laurent Paillier

Performance vue le jeudi 28 septembre 2017 à Micadanses dans le cadre du Festival Bien Faits 2017

Visuels © Araso ADAGP

 

 


Flamenca Olga Pericet performing in Combourg, Festival Extension Sauvage, June 2017

Echappée sauvage: l'artiste, la création et le lieu

En 800 Signes

Chaque année, le dernier weekend de Juin se fait l’écrin du Festival Extension Sauvage, rendez-vous aussi confidentiel qu’immanquable. Tandis que le monde du spectacle vivant n’a qu’ « Avignon » en tête et sur le bout de la langue, une poignée de figures ultra-pointues de la danse se retrouvent autour de Latifa Laâbissi, Nadia Lauro et d’une confédération de soldats enthousiastes à Combourg en Bretagne. Dans les rang de cette armée (trop!) éphémère, Marie-Françoise Mathiot, propriétaire du Château de la Ballue. Passionnée investie dans le festival depuis 6 ans, la chatelaine 3.0 met immanquablement à disposition d’Extension Sauvage château XVIIème, jardins légendaires, personnel, mari et enfants. Avec Latifa et Nadia, elles ont mis en place une résidence qui a donné lieu en 2016 à cette sublime création tellurique de Myriam Gourfink. Cette année, on prenait notre petit déjeuner avec Antonija Livingstone dans le salon bleu aux boiseries d’époque, on sirotait un thé avec Ruth Childs et on dansait une vision de la femme en 2017 avec la flamenca Olga Pericet.  Dans nos valises carnet de croquis, lomographe et sanguines nous ont permis de capturer ces quelques moments d’une intensité folle. 

En plus de Signes

L’artiste, la création et le lieu

Samedi 24 Juin – 15h30 – Combourg

Tout commence avec une Promenade Blanche à travers Combourg, concoctée par Alain Michard et Mathias Poisson (création 2017). Le chorégraphe et le plasticien qui travaille sur les promenades urbaines depuis 2001, (voir sa Graphie du Déplacement) utilisent un dispositif simple mais puissant. Sur les yeux d’une moitié de public à peine débarqué -certains viennent de loin, il déposent des lunettes aux verres dépolis. Le malvoyant précipité dans une réalité qui lui est étrangère est associé à un binôme, qui voit comme d’accoutumée et dont la mission est de prendre soin de son partenaire. Le silence est de mise, la parole bannie au profit de gestes et de codes pour indiquer obstacles à franchir et dangers à éviter (voitures, piétons, plots…). Au bout de 45 minutes qui semblent durer cinq minutes, trois heures, un siècle, une éternité, le binôme change.

Jusqu’où est-on prêt à lâcher prise? Qui croire lorsque nos sens sont brouillés? Ce guide inconnu « qui nous veut du bien » ou nos sensations, qui font de cette étendue de gravier un océan sans fond, de ce terrain en pente un sommet vertigineux, de ces escaliers un donjon imprenable? La claustration par l’espace, la promiscuité, le vide et le noir donnent le ton de ce voyage initiatique dont on sort avec une folle envie de parler à ce partenaire devenu brutalement très intime, à qui on a donné son bras bon gré mal gré sans trop y croire. 

18h

Avec Olga Pericet, le changement de décor est radical: NOIR. Noir comme ses cheveux interminables, ses yeux surmaquillés, cette mantille austère qu’elle mimera avec un voile. 

Austère: tel est le goût de cette première performance en plein air, qui ressemble davantage à un exercice de style un peu archaïque qu’à une « improvisation inédite » sur la femme espagnole d’aujourd’hui. Tout un programme: dans son Mujer Española (Transformación costumbrista de la mujer Española contemporánea – 2017) Olga fait voler jupons et talons bon marché tout en proposant une série de tableaux dénudés dignes du siècle d’or. Sa beauté impériale est si froide qu’elle coupe le souffle. Ce voile noir né robe traditionnelle devient mantille, châle, vêtement de veuvage puis arme de séduction fatale. Malgré tout, la performance reste ultra-classique, guindée, le corps de la flamenca portant seul la responsabilité de l’élégance dans de déballage tous azimuts. Elle n’en restera pas là. 

Dimanche 25 Juin 2017

Bran-le-bas de combat au Château de la Ballue et ses jardins. Sur le qui-vive dès l’aube, Marie-Françoise Mathiot accompagne Antonija Livingstone dans les derniers instants de sa résidence de création au château. Tout en multipliant les attentions aux artistes jusque dans les moindres détails, aménageant pour eux des havres de paix nichés dans ses salons, elle revoit ici la hauteur d’eau d’un bassin, là la taille de ses haies qui accueilleront dès la semaine suivante un court métrage, et un opéra à la mi-juillet. Sa passion pour le festival et son amour inconditionnel pour les artistes occupent une place aussi humble que capitale. 

Créature de rêve que l’on aperçoit généralement à la Ménagerie de Verre, Antonija est ici en pleine campagne. Perchée sur ses hauts talons, elle arpente ce paradis pour l’art topiaire chargeant de généreuses brouettes de crottin. Pour sa performance il lui faudra de l’eau, de la concentration et du purin. En cas de pénurie du précieux engrais, Michel -jardinier historique de la Ballue, tient ses chevaux à disposition.  

15h

Ruth Childs a trouvé refuge dans le théâtre de verdure, un cadre idyllique et hors du temps, où elle reprend les trois fameux soli de Lucinda: Pastime (1963), Carnation (1964), Museum Piece (1965)Certes, la perspective de sortir ces pièces d’un cocon parigot-parisien aseptisé pour l’emmener hors les mûrs à un public dont la rétine n’est pas (encore) saturée de danse contemporaine est réjouissante. Mais le lieu est là, et il est fort. Les enfants piaffent, les chiens aboient, le public a chaud et le ton est sérieux. Le contraste entre l’état d’esprit de l’interprète et celui de son environnement est saisissant. Un lieu comme la Ballue demande de lâcher prise, de se faire roseau, de jouer, de prendre du plaisir. Il rappelle avec douceur mais fermeté que la nature est chez elle, depuis des siècles, et que nous sommes ses (très chanceux!) passagers. 

15h30

Antonija Livingstone & Trembling ont déjà pris possession des jardins à la française, subtilement mais sûrement. Créée en résidence à La Ballue, A method for an applied polyphony (2017) est une série de concerti graphiques rythmés par une phrase musicale (Benny Nemerofsky Ramsay) marquant la fin de chaque saynète. Nue sous ses collants résille et son tablier en latex noir, Antonija rejoint une artiste voilée dessinant dans la cendre. Partie intégrante du show, son escargot géant domestique Winnipeg l’embrasse amoureusement, passant sans transition de sa bouche à l’herbe au charbon brûlé.

Une beauté poétique, baroque et enveloppante diffuse dans les jardins une étrangeté aimantant une foule de disciples muets d’admiration. La danse se fait immobilité, contemplation et torsions, rythmées par les déplacements entre les haies de buis. L’espace est utilisé à merveille, l’alliance entre le XVIIème et le moderne jouissive. Jouées à six mains, des cloches sorties d’une valise avec une précision et un équipement chirurgicaux créent une polyphonie d’un genre à la fois ancestral et nouveau, que l’on se passe de main en main. La spiritualité qui émane d’une performance d’Antonija Livingstone tient du rituel chamanique, qui tisse un fil invisible mais tenu, la liant à ses performeurs (dont Bryan Campbell que l’on a vu danser chez Olivia Grandville, DD Dorvillier, Jocelyn Cottencin et Jennifer Lacey) et tous les présents.

17h30

Olga Pericet est de retour avec le même spectacle que la veille. Sauf qu’il n’a rien à voir : portée par le lieu, elle s’envole, littéralement. Les traits détendus, elle n’est que lumière. D’un bon, elle s’assied sur le rebord d’un bac, fait de l’arbuste un chapeau. Le temps n’a plus d’importance, d’un rire spontané elle répond à l’enfant qui gazouille sur les épaules de son père. Sur ce plateau de bois noir pas plus grand que la veille, une autre femme joue une autre pièce, une femme joue tout court. Adulée par un public tour à tour attendri, amusé, ému aux larmes, Olga Pericet s’impose comme la star du flamenco qu’elle est, en pleine possession de sa liberté. 

Le Château de la Ballue a ce pouvoir mystique de transformer ceux qui le traverse, de porter la création à son sommet, d’agir comme un révélateur. Les liens qui se créent à la Ballue sont des ancrages. Il y a des lieux où chaque être devrait revenir pour son équilibre spirituel, pour lutter par la beauté contre les névroses du monde, comme un sanctuaire. 

La Ballue est de ceux-là. 


Performances vues dans le cadre du Festival Extension Sauvage, Edition 2017, à Combourg le 24 Juin et à Bazouges-La-Pérouse le 25 Juin. 

Illustrations © Araso


Wim Vandekeybus lâche les fauves en beauté

Imaginons quelqu’un qui passerait son temps enfermé, immobile dans le coin d’une pièce. Wim Vandekeybus agit comme un révélateur de sa sauvagerie : pas celle de l’homme, celle de l’endroit où il se trouve et dont on remarque tout à coup le caractère inhospitalier.

Tu ne peux pas décider que je ne suis pas original

In Spite of Wishing and Wanting est l’histoire d’une meute, celles des mâles d’Ultima Vez. Le tableau est sexy, en proie à un théâtre physique. Les figures christiques s’abiment et les langues se confrontent dans ce Babel hors sol. Comme un cheval fou, l’homme se cabre, éructe, interroge, proclame, s’épouvante et s’émerveille. En fond de scène, d’invisibles boulets sont traînés par des chaînes vers l’au-delà. « Tu sei il mio cavallino » susurre l’homme en longe à son double de l’autre bout. Wim lui-même trublion de ces jeux apparaît tel Hermès batifolant au milieu des dieux grecs.

Tu crois que je suis seulement un bourreau

WIM VANDEKEYBUS, In Spite of Wishing and Wanting - by Araso
WIM VANDEKEYBUS, In Spite of Wishing and Wanting – by Araso

Cette édition, reprise du spectacle de 1999, rassemble la féminité et la masculinité du désir dans un même élan vital, un feu que l’on se passe de main en main. La danse, d’une rare beauté, offre ces pas de deux chaloupés entre 6 duos d’hommes en smoking qui repoussent comme toujours les lois de la physique. Les années 90s ont invité leur lot de kitsch. Les clips video, certaines bandes sons et quelques pas sont tragiquement datés. Le tout ne manque certainement pas d’humour.

Je veux être une éponge pour vivre au fond de l’océan

Quelque part dans ce maelström de bagarres, coups de becs et cauchemars éveillés, les oreillers explosent en une nuit de plumes et les fauves s’échappent en courant nus dans le public. De sublimes portés, des masques à la Margiela et des voix métalliques sont la matière poétique tissée à même la scène.

In Spite of Wishing and Wanting a été donné à la Villette avec le Théâtre de la Ville du 28 Juin au 2 Juillet 2017. 


Illustration © Araso


Raimund Hoghe, Je me souviens : chroniques d'un promeneur solitaire

Après nous avoir fait valser à Beaubourg en septembre avec le Festival d’Automne, Raimund Hoghe reprend ses couleurs. Je me souviens est un solo dont il a écrit le texte en 2000 pour Another Dream, une trilogie sur le XXème siècle. Modulé de façon à incorporer l’actualité de ce début de XXIème siècle et notamment la question des flux migratoires, sujet de La Valse, le verbe incorpore de nouveaux « souvenirs ».

Le propos est dur, redondant. « 12 canots, 175 personnes à bord, aucun n’est arrivé » assène la voix off précédée des signaux de détresse que l’on entend dans le film Fuoccoamare comme dans La Valse. Allongé sur le plateau recouvert de sable, Raimund reprend la posture de l’enfant échoué dont l’image est sur toutes les rétines. Rien n’a changé et il est toujours aussi douloureux de regarder la violence en face. Parenthèse enchantée, Emmanuel Eggermont dans un solo sublime ponctue le plateau de ses bras fendant l’air et de ses hanches ondoyantes.

Raimund Hoghe, Je me souviens, image by Araso
Raimund Hoghe, Je me souviens, image by Araso

La redite artistique est elle aussi inévitable. A 68 ans, Raimund Hoghe est le dépositaire d’une mémoire aussi prestigieuse que lourde à porter. Fidèle à sa playlist où le baroque Purcell siège en maître aux côtés de Luz Casal, le dramaturge promène toujours avec lui l’ombre de Pina, à la fois douce et envahissante présence.

Néanmoins, il faudrait vraiment avoir un cœur de pierre pour ne pas succomber à l’élégance de l’homme qui dit avec tant d’humour l’enfer de ce corps pour un garçon de douze ans, la contrainte physique, la douleur de la perte, celle d’inconnus comme celle des proches. Alors quand Raimund pique une crise d’hystérie, chausse talons, porte lunettes chapeau et cigarette en réclamant Audrey Hepburn pour se consoler, on fond, nécessairement.

Le texte, que Raimund dit en anglais, est disponible en français sur son site.


Je me souviens de Raimund Hoghe était à Camping au CND de Pantin les 26 et 27 Juin 2017.

Concept, chorégraphie et danse
Raimund Hoghe
Collaboration artistique
Luca Giacomo Schulte
Artiste invité
Emmanuel Eggermont
Lumières
Raimund Hoghe, Amaury Seval


Israel Galvàn, FLA.CO.MEN, Araso

FLA.CO.MEN, la sublime échappée d'Israel Galván

Des rivages de l’enfance, Israel a gardé le goût du sel et le son des talons, comme d’autres entendent le bruit des vagues. Taka-gada-gagada…tac ! Aigue comme une aiguille, la dernière note infiltre le parquet.

Avec FLA.CO.MEN, Israel Galván atteint le Graal. Il a la grâce démente et la liberté de ceux qui, au sommet de leur art, n’ont plus rien à prouver. Loin de chercher à l’enjoliver, Israel Galván présente sa pratique brute de décoffrage, décousue main, et la couche sur un lit d’humour.

Israel Galván, FLA.CO.MEN, by Araso
Israel Galván, FLA.CO.MEN, by Araso

En tablier blanc devant un pupitre, en corset noir serré à la taille ou flanqué d’une robe de flamenca blanche à pois rouges qui lui pendouille à l’épaule, il fait de sa liberté un jeu comme d’autres en font des prisons. Fils prodige du flamenco, il porte son titre aux nues et joue comme un enfant.

Avec six musiciens, dont le tandem de Proyecto Lorca, il fait et défait l’histoire de sa danse et en remonte le fil : voici le flamenco dans sa pure essence, un chant d’errance, de métissage et de liberté.


FLA.CO.MEN d’Israel Galván, artiste associé au Théâtre de la Ville, est à l’Espace Cardin jusqu’au 29 Juin 2017. Il s’agit d’une reprise de la création de 2016.