Dieudonné Niangouna, les visages de la violence

Dieudonné Niangouna retrouve Sony Labou Tansi, ou bien peut-être est-ce l’inverse. Dans un délire halluciné, Dieudonné est seul en scène accompagné à la guitare électrique par Alexandre Meyer et à la video par son double dictateur «Martillimi Lopez fils de Maman Nationale, venu au monde en se tenant la hernie». Voyage intérieur par les viscères, coloscopie en immersion et en direct des mots de Sony Labou Tansi, satire infatigable de la torture, de la dictature et du culte de la personnalité. 

Sa hernie toute puissante est partout: sur les écrans, en boucle, on voit son visage, ses yeux, son crâne, ses mimiques, ses déhanchés sauvages enveloppés dans des bandelettes tels une momie à peine exhumée. On voit son regard exorbité et sur le visage torturé de Dieudonné, sur ces aboiements gutturaux on lit à la fois Niangouna, Sony, Martillimi Lopez et toute une chronique de la violence faite aux hommes, aux femmes et à soi bien entendu. 

«C’est ça la démocratie: vous posez toutes les questions et je vous donne toutes les réponses». 

La violence se pose ici comme source de jouissance, dérangeante dans sa douceur, son côté absurde qui tire le rire et non les larmes. Car on est bien dans le registre de la satire. Mais satire de qui au juste? Puisque Martillimi Lopez n’existe pas? De qui rit-on/parle-t-on/s’épouvante-t-on réellement? C’est toute la question de la pièce, de cette violence qui a tous les visages et en même temps n’en n’a aucun. 


Machin La Hernie, texte L’État honteux de Sony Labou Tansi adapté par Jean-Paul Delore, avec Dieudonné Niangouna au Tarmac jusqu’au 22 Octobre 2017. 


Dave Saint-Pierre, Néant, Le Tarmac octobre 2017 © Araso ADAGP

Dave Saint-Pierre : conjurer la peur du vide

On est vendredi 13 au Tarmac, heure du show moins quelques minutes. Début d’hystérie collective alors que les fonds de verres se terminent au bar: Dave Saint-Pierre nu comme un ver dans un sac de pressing extra-large a passé une perruque blonde et hurle que le spectacle va commencer, récupère sa place en trombe et engueule les retardataires. 

Dave Saint-Pierre n’est pas léger. Faussement joyeux et festifs, ses spectacles coulent sur la scène comme de l’asphalte, aussi noirs que le bitume et sans en avoir l’air. Ce soir il est tout seul, et il décide de se lancer dans la performance muséale. Cette blondasse qu’il incarne, faussement cruche et perspicace à coeur, c’est son double comique et sa voix créative depuis le tout début. Elle détendra l’atmosphère à grand coups de penis gonflable et de mimes à se tordre sur son siège. A travers elle, le même Dave Saint-Pierre qui ne tolère pas les photos volées de ses interprètes nus (-on se souvient de son coup de colère ô combien légitime au Théâtre de la Ville en 2014 après qu’il ait retrouvé des photos de ses interprètes, qu’il appelle « ses enfants » sur le net…) recueille les téléphones des spectateurs pour les inonder d’autoportraits au pénis. *

Quand la perruque blonde tombe, dans des intermittences où Dave se fait silence, c’est le danseur qui apparaît. L’humour fait place à une beauté gutturale. Car il est beau, Dave Saint-Pierre, dans ce corps qui semble si petit, si fragile et qui n’est que muscles et souplesse. Affublé d’un sac plastique en érection souple au bout d’un ventilateur, son corps se fait la toile de projection de vidéos organiques. A un moment il n’y a plus rien, que les nuages, la lumière, le souffle et ce corps tortueux que l’angoisse habite. On se dit même qu’il faudrait avoir un coeur de pierre pour ne pas succomber à cette chair poignante ballotant au bout d’un câble dans son cercueil de cellophane.

Le Néant de Dave Saint-Pierre est dangereusement fascinant. 


*Nous tenons à préciser que les photographies que Dave Saint-Pierre a prise de son sexe avec notre téléphone ont d’ores et déjà été supprimées, toute requête à ce propos serait donc vaine. 

Néant, de Dave Saint-Pierre, a été donné au Tarmac du 11 au 14 Octobre 2017


Morgane Poulette, Théâtre le Colombier, Bagnolet, Octobre 2017 © Araso ADAGP

Sacrée Poulette, cette Pearl Manifold!

Les mots de Thibault Fayner dansent sous la houlette d’Anne Monfort.

Il y a le texte, qui raconte Londres avec une langue tellement française, comme le dirait son interprète Pearl Manifold. Elle n’a aucun accent. C’en est presque troublant. Elle est en France depuis 25 ans et son nom pourrait vouloir dire qu’elle a beaucoup de plis. A la voir avec tous ses multiples, on est tentés de dire qu’elle a beaucoup de talent(s) indeed.

Il y a ce Londres délicieusement croqué, ces personnages qui n’existent que dans le discours rapporté et dans la géniale création lumière de Cécile Robin et Hugo Dragone, dans la voix off de Jean-Baptiste Verquin et par la mise en scène subliminale d’Anne Monfort. On oublierait presque que son interprète est seule en scène. 

Debout dans son perfecto, la crinière blonde en pétard, Morgane Poulette est une fille « épatante » qui défend son île de mousse d’à peine un mètre carré les pieds dans une piscine d’eau noire. De Londres, elle nous emmène la brume, la flotte et la coke plus vraies que nature. On ne sait pas trop si elle est folle, punk, junkie ou tout à la fois. 

On sent juste que Morgane Poulette, c’est notre copine borderline, notre ange sombre, notre moi obscur et un peu de cette aventure qu’on n’a jamais vécue. Elle nous emporte, nous fait rire, nous fait peur. C’est fou l’immensité qui peut sortir d’un aussi petit bout de femme perché sur un monticule.


Morgane Poulette, au Théâtre le Colombier jusqu’au 22 Octobre 2017

Conception et mise en scène Anne Monfort

D’après Le Camp des malheureux suivi de La Londonienne de Thibault Fayner éditions espaces 34, 2015

Avec
Pearl Manifold
et la voix de
Jean-Baptiste Verquin
Lumières
Cécile Robin
Hugo Dragone

Création sonore
Emmanuel Richier
Scénographie et costumes
Clémence Kazémi


Stadium : la ola durable de Mohamed El Khatib

Avec Stadium, Mohamed El Khatib réunit ses deux thèmes de prédilection : la famille et la question sociale. Après avoir mis en scène une femme de ménage sur scène dans Moi, Corinne Dadat, documenté les derniers jours de sa mère dans Finir en Beauté, il invite au Théâtre de la Ville hors les murs à la Colline les supporters du RC Lens dans un documentaire festif, drôle et éloquent.

 

Mohamed El Khatib marque un point. Archétype du folklore, le foot raconte tout le regard porté sur les manifestations culturelles émanant de la classe ouvrière. Comme dans les Corons de Pierre Bachelet, les fondateurs des tifos du FC Lens étaient des mineurs de fond, ce sont leurs enfants et leurs familles qui ont pris le relais, des hommes mais aussi des femmes dont on ne parle jamais. De la même façon, le père de Mohamed El Khatib était ouvrier et supporter.

Stadium fait se rencontrer deux mondes qui ne se voient jamais et rappelle qu’au commencement du folklore il y a le lien social. Stadium appartient à un genre capable de mettre en place des changements subtils, mais puissants.


Stadium, de Mohamed El Kathib

Présenté au Théâtre de la Colline par le Théâtre de la Ville hors les murs du 27 Septembre au 7 Octobre 2017. Stadium est donné dans le cadre du Festival d’Automne à Paris dans 5 lieux jusqu’au 17 Novembre 2017.  

conception
Mohamed El Khatib & Fred Hocké
texte
Mohamed El Khatib
environnement visuel
Fred Hocké
environnement sonore
Arnaud Léger
collaboration artistique
Violaine de Cazenove, Éric Domeneghetty, Thierry Péteau

avec
53 supporters du Racing Club de Lens

Visuels © Araso ADAGP


Betes de scene - visuel Araso ADAGP

Ils sont des Bêtes de Scène. Grand bien leur fesse!

Le joli festival Bien Faits souffle ses deux bougies à Micadanses. Au moment de la rentrée, le lieu offre ses plateaux à ses résidents, qui accouchent en direct de projets tout frais. C’est le cas de Jean-Christophe Bleton dont le Bêtes de Scène affiche complet. Malgré une longue carrière à son actif -il fait ses débuts d’interprète en 1975 chez Karin Waehner, Carolyn Carlson et Alain Marty, le chorégraphe n’a rien perdu de sa capacité d’émerveillement et de perpétuelle découverte. 

7 mecs qui à eux tous affichent fièrement 415 ans au compteur, soit la petite soixantaine en moyenne, sont face à un tableau noir comme des écoliers impénitents. Ils jouent aux fléchettes. Une heure plus tard, les mêmes, à poil, courant en cercle comme dans la vie carcérale, ont maculé le tableau noir géant de tous leurs désirs, peurs, maladie combinées -on adore le compulsif qui écrit frénétiquement «colique néphrétique». A le voir tagguer comme un possédé, en long en large et en suspension, on imagine comme il a souffert. 

C’est quoi séduire pour un homme qui vieillit? C’est quoi le rapport au corps, au vêtement, au regard de l’autre quand on a la peau qui plisse? Qu’est-ce que le cycle de la vie implique comme changement de rythme(s)? Est-ce qu’on a encore le droit de s’éclater quand on est monsieur tout le monde et qu’on a soixante balais?

C’est doux, c’est touchant, c’est bienveillant et drôle, presque trop court. On est ravis d’avoir fini ce festival sur cette note.


BÊTES DE SCÈNE de Jean-Christophe Bleton, Les Orpailleurs

Conception chorégraphique : Jean-Christophe Bleton, en collaboration avec les interprètes et assisté de Marina Chojnowska / Interprétation : Lluis Ayet, Yvon Bayer, Jean-Christophe Bleton, Jean-Philippe Costes-Muscat, Jean Gaudin, Vincent Kuentz, Gianfranco Poddhige Lumières : Françoise Michel / Création sonore : Marc Piera / Scénographie : Olivier Defrocourt

Composition et interprétation à la cornemuse : Yvon Bayer / Photographe : Laurent Paillier

Performance vue le jeudi 28 septembre 2017 à Micadanses dans le cadre du Festival Bien Faits 2017

Visuels © Araso ADAGP

 

 


Flamenca Olga Pericet performing in Combourg, Festival Extension Sauvage, June 2017

Echappée sauvage: l'artiste, la création et le lieu

En 800 Signes

Chaque année, le dernier weekend de Juin se fait l’écrin du Festival Extension Sauvage, rendez-vous aussi confidentiel qu’immanquable. Tandis que le monde du spectacle vivant n’a qu’ « Avignon » en tête et sur le bout de la langue, une poignée de figures ultra-pointues de la danse se retrouvent autour de Latifa Laâbissi, Nadia Lauro et d’une confédération de soldats enthousiastes à Combourg en Bretagne. Dans les rang de cette armée (trop!) éphémère, Marie-Françoise Mathiot, propriétaire du Château de la Ballue. Passionnée investie dans le festival depuis 6 ans, la chatelaine 3.0 met immanquablement à disposition d’Extension Sauvage château XVIIème, jardins légendaires, personnel, mari et enfants. Avec Latifa et Nadia, elles ont mis en place une résidence qui a donné lieu en 2016 à cette sublime création tellurique de Myriam Gourfink. Cette année, on prenait notre petit déjeuner avec Antonija Livingstone dans le salon bleu aux boiseries d’époque, on sirotait un thé avec Ruth Childs et on dansait une vision de la femme en 2017 avec la flamenca Olga Pericet.  Dans nos valises carnet de croquis, lomographe et sanguines nous ont permis de capturer ces quelques moments d’une intensité folle. 

En plus de Signes

L’artiste, la création et le lieu

Samedi 24 Juin – 15h30 – Combourg

Tout commence avec une Promenade Blanche à travers Combourg, concoctée par Alain Michard et Mathias Poisson (création 2017). Le chorégraphe et le plasticien qui travaille sur les promenades urbaines depuis 2001, (voir sa Graphie du Déplacement) utilisent un dispositif simple mais puissant. Sur les yeux d’une moitié de public à peine débarqué -certains viennent de loin, il déposent des lunettes aux verres dépolis. Le malvoyant précipité dans une réalité qui lui est étrangère est associé à un binôme, qui voit comme d’accoutumée et dont la mission est de prendre soin de son partenaire. Le silence est de mise, la parole bannie au profit de gestes et de codes pour indiquer obstacles à franchir et dangers à éviter (voitures, piétons, plots…). Au bout de 45 minutes qui semblent durer cinq minutes, trois heures, un siècle, une éternité, le binôme change.

Jusqu’où est-on prêt à lâcher prise? Qui croire lorsque nos sens sont brouillés? Ce guide inconnu « qui nous veut du bien » ou nos sensations, qui font de cette étendue de gravier un océan sans fond, de ce terrain en pente un sommet vertigineux, de ces escaliers un donjon imprenable? La claustration par l’espace, la promiscuité, le vide et le noir donnent le ton de ce voyage initiatique dont on sort avec une folle envie de parler à ce partenaire devenu brutalement très intime, à qui on a donné son bras bon gré mal gré sans trop y croire. 

18h

Avec Olga Pericet, le changement de décor est radical: NOIR. Noir comme ses cheveux interminables, ses yeux surmaquillés, cette mantille austère qu’elle mimera avec un voile. 

Austère: tel est le goût de cette première performance en plein air, qui ressemble davantage à un exercice de style un peu archaïque qu’à une « improvisation inédite » sur la femme espagnole d’aujourd’hui. Tout un programme: dans son Mujer Española (Transformación costumbrista de la mujer Española contemporánea – 2017) Olga fait voler jupons et talons bon marché tout en proposant une série de tableaux dénudés dignes du siècle d’or. Sa beauté impériale est si froide qu’elle coupe le souffle. Ce voile noir né robe traditionnelle devient mantille, châle, vêtement de veuvage puis arme de séduction fatale. Malgré tout, la performance reste ultra-classique, guindée, le corps de la flamenca portant seul la responsabilité de l’élégance dans de déballage tous azimuts. Elle n’en restera pas là. 

Dimanche 25 Juin 2017

Bran-le-bas de combat au Château de la Ballue et ses jardins. Sur le qui-vive dès l’aube, Marie-Françoise Mathiot accompagne Antonija Livingstone dans les derniers instants de sa résidence de création au château. Tout en multipliant les attentions aux artistes jusque dans les moindres détails, aménageant pour eux des havres de paix nichés dans ses salons, elle revoit ici la hauteur d’eau d’un bassin, là la taille de ses haies qui accueilleront dès la semaine suivante un court métrage, et un opéra à la mi-juillet. Sa passion pour le festival et son amour inconditionnel pour les artistes occupent une place aussi humble que capitale. 

Créature de rêve que l’on aperçoit généralement à la Ménagerie de Verre, Antonija est ici en pleine campagne. Perchée sur ses hauts talons, elle arpente ce paradis pour l’art topiaire chargeant de généreuses brouettes de crottin. Pour sa performance il lui faudra de l’eau, de la concentration et du purin. En cas de pénurie du précieux engrais, Michel -jardinier historique de la Ballue, tient ses chevaux à disposition.  

15h

Ruth Childs a trouvé refuge dans le théâtre de verdure, un cadre idyllique et hors du temps, où elle reprend les trois fameux soli de Lucinda: Pastime (1963), Carnation (1964), Museum Piece (1965)Certes, la perspective de sortir ces pièces d’un cocon parigot-parisien aseptisé pour l’emmener hors les mûrs à un public dont la rétine n’est pas (encore) saturée de danse contemporaine est réjouissante. Mais le lieu est là, et il est fort. Les enfants piaffent, les chiens aboient, le public a chaud et le ton est sérieux. Le contraste entre l’état d’esprit de l’interprète et celui de son environnement est saisissant. Un lieu comme la Ballue demande de lâcher prise, de se faire roseau, de jouer, de prendre du plaisir. Il rappelle avec douceur mais fermeté que la nature est chez elle, depuis des siècles, et que nous sommes ses (très chanceux!) passagers. 

15h30

Antonija Livingstone & Trembling ont déjà pris possession des jardins à la française, subtilement mais sûrement. Créée en résidence à La Ballue, A method for an applied polyphony (2017) est une série de concerti graphiques rythmés par une phrase musicale (Benny Nemerofsky Ramsay) marquant la fin de chaque saynète. Nue sous ses collants résille et son tablier en latex noir, Antonija rejoint une artiste voilée dessinant dans la cendre. Partie intégrante du show, son escargot géant domestique Winnipeg l’embrasse amoureusement, passant sans transition de sa bouche à l’herbe au charbon brûlé.

Une beauté poétique, baroque et enveloppante diffuse dans les jardins une étrangeté aimantant une foule de disciples muets d’admiration. La danse se fait immobilité, contemplation et torsions, rythmées par les déplacements entre les haies de buis. L’espace est utilisé à merveille, l’alliance entre le XVIIème et le moderne jouissive. Jouées à six mains, des cloches sorties d’une valise avec une précision et un équipement chirurgicaux créent une polyphonie d’un genre à la fois ancestral et nouveau, que l’on se passe de main en main. La spiritualité qui émane d’une performance d’Antonija Livingstone tient du rituel chamanique, qui tisse un fil invisible mais tenu, la liant à ses performeurs (dont Bryan Campbell que l’on a vu danser chez Olivia Grandville, DD Dorvillier, Jocelyn Cottencin et Jennifer Lacey) et tous les présents.

17h30

Olga Pericet est de retour avec le même spectacle que la veille. Sauf qu’il n’a rien à voir : portée par le lieu, elle s’envole, littéralement. Les traits détendus, elle n’est que lumière. D’un bon, elle s’assied sur le rebord d’un bac, fait de l’arbuste un chapeau. Le temps n’a plus d’importance, d’un rire spontané elle répond à l’enfant qui gazouille sur les épaules de son père. Sur ce plateau de bois noir pas plus grand que la veille, une autre femme joue une autre pièce, une femme joue tout court. Adulée par un public tour à tour attendri, amusé, ému aux larmes, Olga Pericet s’impose comme la star du flamenco qu’elle est, en pleine possession de sa liberté. 

Le Château de la Ballue a ce pouvoir mystique de transformer ceux qui le traverse, de porter la création à son sommet, d’agir comme un révélateur. Les liens qui se créent à la Ballue sont des ancrages. Il y a des lieux où chaque être devrait revenir pour son équilibre spirituel, pour lutter par la beauté contre les névroses du monde, comme un sanctuaire. 

La Ballue est de ceux-là. 


Performances vues dans le cadre du Festival Extension Sauvage, Edition 2017, à Combourg le 24 Juin et à Bazouges-La-Pérouse le 25 Juin. 

Illustrations © Araso