TOILETPAPER x GL : ils sont fous ces italiens !

Il y a des fois où le marketing a du bon, comme lorsque les Galeries Lafayette invitent le duo barjot de Toiletpaper, aka Maurizio Cattelan qu’on adoooore et son ami le photographe Pierpaolo Ferrari.

Toiletpaper c’est une revue d’art très perchée et un site Internet non moins perché -réalisé par la géniale et très énervante agence de branding milanaise Apart. Hier soir, au vernissage, il y avait donc bien entendu du beau monde – tiens, salut Orlan! pour faire honneur au DJ set de Cassius.

En pratique, ça donne un espace d’exposition au 1er transformé en appart Toiletpaper et on s’y croirait. Les codes du magazine sont apposés partout, doigt levé/statuette de bureau, mains aux rouges à lèvres/miroir, bâtons de prison/saucisson. Certains artefacts ont bien entendu été déclinés en merchandizing car oui, Toiletpaper = art + commerce. S’en suivent vitrines et installation sous la coupole, pour peu que l’on n’oublie pas de lever le nez. Le tout est plutôt très chouette –et gratuit.

Toiletpaper x GL

Aux Galeries Lafayette Paris – Haussmann du 6 Juillet au 10 Septembre 2016


«Rester Vivant» au Palais de Tokyo: welcome chez Michel Houellebecq

«Vous n’avez aucune chance. Continuer? » Des mots pixelisés sur un cliché de désolation nous accueillent dans l’antre, dédale labyrinthique dans le noir.

Après Houellebecq écrivain, réalisateur, Houellebecq photographe curateur d’une exposition ma-vie-mon-œuvre. Entre fiction et biographie, entre essai et anticipation, il parvient à dire furieusement bien cette époque, ses angoisses, ses brèches et la possibilité frontale d’un non-futur.

On y croise Daniel et Esther de La Possibilité d’une Ile à l’état liquide, on y retrouve son chien, son ex-femme, ses potes. Entre une improbable salle dédiée à Clément et les installations dérangées de Combas –géniale La Pièce de Vie, un film intimiste avec la voix-off d’Iggy Pop contraste avec une backroom et son porno. Des parterres de cartes postales renvoient au tourisme de masse de Plateforme tandis que les extraits de La Possibilité d’une Ile réalisé par Houellebecq dessinent un fil rouge.

Pour les adeptes, psychiatres et initiés.

Illustration © Araso

Rester Vivant une exposition de Michel Houellebecq, au Palais de Tokyo du 23 Juin au 11 Septembre 2016.


Metallica for Brioni

Brioni se rachète une conduite Rock avec Metallica

La marque italienne de luxe au masculin Brioni (groupe Kering) a dévoilé hier sa nouvelle campagne avec Metallica pour égérie, dans une photographie ultra-soignée en noir et blanc, statuaire mais pas dénuée d’humour.

On salue le génie marketing de Justin O’Shea, personnalité adorée de la planète mode : un physique de hipster rocker, des tatouages portés en étendard, une petite amie mannequin, Justin surfe sur la vague du cool. Acheteur star du site de e-commerce allemand Mytheresa.com, il a été nommé directeur artistique de la marque ultra-classique de tailleurs pour hommes qui sent bon l’Italie traditionnelle et le savoir-faire très haut de gamme en mars dernier.

Avant Justin, Brioni c’était plutôt ça ou même ça, dans une tentative assez pathétique de faire de l’œil au marché asiatique.  Avec ce repositionnement totalement disruptif à l’attention de sa clientèle de cœur, une idée forte plutôt qu’une une armarda de campagnes ‘social’, Justin a tout compris.

Visuels © Site officiel et compte instagram de la marque, site officiel de Metallica


Photographie à la Galerie Binôme

Second Hands: une expo photo écolo et touchante à la Galerie Binôme

L’exposition Second Hands à la Galerie Binôme a tout pour elle: Melinda Gibson & Thomas Sauvin
Untitled II, série Lunar Caustic, 2014, sympathique, abordable… Centrés autour du medium photographique, les artistes exposés dans ce « group show » ont en commun un sens fantastique du recyclage puisque l’ensemble des œuvres sont élaborés à partir de vieux tirages argentiques chinés et retravaillés. Par exemple Emmanuelle Fructus découpe le contour de photos vintages d’anonymes et les place (plus d’un millier) sur un grand tableau, transformant plusieurs photos en une œuvre optique/géométrique  qui délibérément questionne l’évolution de la photographie et notre volonté d’affirmer notre identité à travers l’image et plus largement dans nos sociétés modernes.

Second Hands interroge de manière ludique notre relation à la photographie et nous invite à réfléchir sur ce medium, son évolution et la création de notre identité à travers lui. Certainement un « must-see » cet été.

Visuel © Raphaël Laval

SECOND HANDS
Exposition collective
27.05.2016 > 23.07.2016
Commissariat Sophie Bernard & Galerie Binôme
19 rue Charlemagne, 75004, Paris