peter campus: video ergo sum

Par Camille Bardin

Il y a votre image immédiatement projetée, puis le reflet de celle-ci qui apparait et commence à vous suivre. Ce décalage de trois secondes vous donne conscience que le temps passe. L’installation Anamnesis (1973) problématise la construction de notre identité en mettant en avant un soi présent et un soi d’avant au travers de deux projections distinctes mais dépendantes l’une de l’autre.

Chaque installation vidéo en circuit fermé de Peter Campus est donc une nouvelle expérience existentielle et perceptuelle pour le visiteur. Car en multipliant ainsi les temporalités et les représentations corporelles dans l’espace il déconstruit notre image.

Peter Campus, Anamnesis (1973)
Peter Campus, Anamnesis (1973)

Anachroniquement, ses oeuvres sont donc des mises en abime de notre époque hyper-connectée.

Car si contrairement aux années 1970, nous sommes quotidiennement confrontés à notre image et avons les moyens de la contrôler, impossible ici de faire de même. L’exposition video ergo sum s’impose donc comme une réflexion sur l’impossibilité d’être simultanément le sujet, et le produit du sujet qui pense c’est à dire l’objet.


Exposition:
Peter Campus, video ergo sum
Jusqu’au 28 mai 2017
Musée du Jeu de Paume

Texte de Camille Bardin
Photo Nathan Rabin, courtesy Paula Cooper Gallery © Peter Campus 2017


Pact - Amy Brener - Invisiblers - 800 Signes

Amy Brener x PACT: des armures de silicone pour affronter l’avenir

Par Camille Bardin.

A la galerie pact, les sculptures d’Amy Brener nous invitent au déplacement temporel, à la contemplation. Pour son voyage futuriste l’artiste canadienne n’est pas seule; elle a pris soin d’emporter avec elle des banalités de la vie quotidienne: fourchettes, barrettes, fusibles et graines sont soigneusement protégés du temps qui file dans leur écrin de résine.

Pact - Amy Brener - Invisiblers - 800 Signes
Pact – Amy Brener – Invisiblers – 800 Signes

Si l’est ainsi impossible d’altérer leur histoire, leur mémoire restera à jamais intacte. Armée de ces amulettes elle pénètre dans les temps subséquents avec une sensualité toute particulière. Le silicone épouse les formes féminines, laisse deviner la poitrine et mystifie son corps.

Pour cette exposition, la galerie fait pacte avec Michaël Jasmin, docteur en archéologie proche-orientale. L’archéologue « parti sur les traces des rêves et peurs » de l’artiste décrit ainsi cette lutte avec le temps et sublime ces sarcophages aux airs de capsules temporelles, ces Invisiblers.


Amy Brener expose Invisiblers à la galerie Pact jusqu’au 11 mars 2017.

Texte: Camille Bardin
Visuels © Galerie Pact