Formosa c’est donc ce nom latin donné à Taïwan. Les marins portugais du 16ème siècle, s’approchant de ses rives, auraient exprimé en ces termes leur admiration devant sa beauté suprême. La nouvelle création du chorégraphe Lin Hwai-min pour le Cloud Gate Theater s’inspire de cet état de grâce, de la terre et des coutumes chinoises. Les écrits et chants de l’île scandés en fond sonore en sont la matière première. On sent évidemment dans le mouvement l’inspiration directe du Tanztheater Wuppertal. L’esthétique, puisant son énergie dans le sol, s’attache à développer la souplesse et la rondeur par opposition aux lignes droites qui marquent la danse académique orientale. 

Formosa, encre de Chine sur papier © Araso ADAGP
Formosa, encre de Chine sur papier © Araso ADAGP

Il y a la perfection et la précision du geste: jusqu’au salut final, rien ne dépasse, rien ne déborde. Même les lâchés sont parfaitement contrôlés. Le perfectionnisme trahit la rigueur, et même sous la pluie de calligraphies projetées comme autant de prières à la Terre Mère et à la houle incessante et redondante de l’Océan, comme une boucle sans fin, on a soif. Soif de dépassement, justement, d’animalité, de corps à corps, d’un pas de deux qui fasse date. Même au pays de la plus grande sagesse la folie occupe toujours une place. 


Cloud Gate Dance Theater of Taiwan, Formosa, performance vue au Théâtre de la Ville hors les murs à La Villette du 30 mai au 2 Juin 2018. 

Visuel à l’encre de Chine © Araso ADAGP