Deux silhouettes comme des sculptures, une lumière zénithale bleue (par Michael Hulls, l’orfèvre du Sadler’s Well), le beat délicieusement suranné et sensuel de Richard English et Andy Cowton: aucun doute, on est chez Russell Maliphant. 

A quoi tient une signature? Une empreinte qui permet en quelques secondes de reconnaître un univers? De se lover dans ses contours familiers, de ressentir immédiatement la joie et l’excitation? 

Critical Mass Russell Maliphant © Araso ADAGP
Critical Mass Russell Maliphant © Araso ADAGP

On espère une danse à la fois vibrante, hypnotique, sexy. On est subjugué. Critical Mass, une création 1998, entrée au répertoire du Ballet de Lyon en 2002, est reprise par Albert Nikolli et Leoannis Pupo-Guillen. L’albanais de 23 ans semble un lointain parent de Jean-Louis Barrault et l’espace d’un instant on croit apercevoir le Baptiste des Enfants du Paradis. Le cubain de 35 ans lui oppose une musculature taillée dans le marbre, un geste millimétré, une virilité douce. Le pas de deux, mariage réussi de la grâce, de la poésie et de la pulsion, est une merveille. 

Un seul regret: l’absence d’un programme intégralement dédié au chorégraphe de génie. 


Ballet de l’Opéra de Lyon, 2ème programme
Benjamin Millepied/Russel Maliphant/William Forsythe (Sarabande/Critical Mass/Steptext)

Au Théâtre de la Ville jusqu’au 6 mai.

Watercolor © Araso ADAGP