Un peu moins d’un an après Grand Finale, la compagnie d’Hofesh Shechter revient au Théâtre de la Ville avec Show, un opus en trois parties: l’Entrée, les Clowns et Sortie. Dans la droite lignée de ses spectacles précédents, Show est un cirque sombre, cauchemardesque et fantastique avec des pierrots fous, d’une jeunesse effarante armés de couteaux et de mitraillettes invisibles. 

Show, 2018 © Araso ADAGP

Dans Show, Hofesh montre. Ces poupons aux visages de cire, embrigadés et exaltés par le pouvoir de tuer. Il montre encore et encore (et encore…) ces images trop familières de l’iconographie made in 20ème et 21ème siècles qui produit des monstres sanguinaires érigés en veaux d’or. Ils tuent, ils tuent, ils tuent. Dansent, égorgent. Dansent, fusillent. Dansent, tombent, renaissent, s’entretuent à nouveau. A chaque fois, la danse les rattrape au bord du précipice pour mieux les projeter à nouveau dans l’abîme. Ces corps-clones, à peine marqués par une crête ou des tresses, n’ont pas de regard, les yeux sont bandés par l’obscurité. 

Show montre la vie de ces clowns féroces, assoiffés, enragés, terrifiants et jamais tristes. On est au coeur d’un sujet bien connu et que l’on a trop vu dans la vraie vie, dans le ballet de la tuerie-spectacle qui suit la courbe exponentielle de l’épidémie depuis des décennies. On aurait crié au génie si la réalité obscène ne s’était pas transformée en chorus inlassablement répété. Tout doit avoir une fin. Show remue à l’infini les tréfonds d’une beauté abyssale dangereusement près de l’écoeurement. 


Visuel original © Araso

Show, au Théâtre de la Ville jusqu’au 21 Avril 2018.