Carmen pour Jose Montalvo, c’est un peu comme le génôme contenu dans son ADN. Il raconte qu’elle est une «passion d’enfance», que sa propre mère a interprété Carmen dans le premier spectacle qu’il ait jamais vu et que sa grand-mère, «révolutionnaire, catalane, très engagée» s’appelait Carmen. On sent dans le propos sur l’héroïne un regard amoureux de la révolte des femmes, un discours pétri par les bonnes intentions et la célébration du désir féminin.  

Carmen(s) Jose Montalvo (c) Araso ADAGP
Carmen(s) Jose Montalvo © Araso ADAGP

Et elles ne sont pas moins de neuf Carmen(s) sur scène, et presque autant de nationalités, à danser dans leurs costumes flamboyants et interpréter le texte dans leur(s) langue(s) maternelle(s). Elles sont accompagnés par les sept personnages masculins du texte original de Mérimée. 

Le spectacle ne manque ni de joie, ni de pétillant, ni de panache, ni d’humour et encore une fois, ni de bonnes intentions. La question posée est celle de la forme. Faut-il proposer à cette icône populaire un traitement faussement populiste, à grand renfort de dispositifs ampoulés hautement brigués par la télé-réalité? Les interviews des protagonistes se succèdent sur l’écran géant comme de faux apartés d’un diner presque parfait. Le taureau, singé, devient un avatar animé, épouvantail pathétique que l’on agite lourdement d’un bout à l’autre de l’écran. Le tout vire rapidement à la caricature, au succédané, et le carburant qui fit la force des premiers instants de se déverser tristement sur la scène. Ces fautes de frappe dans un flamenco de toute beauté sont extrêmement regrettables, tant la proposition avait de quoi séduire. 

 

Entretien avec José Montalvo from Théâtre de Chaillot on Vimeo.


Carmen(s) de Jose Montalvo, création à la Maison des Arts de Créteil du 24 au 27 Janvier 2018

Au Théâtre National de Chaillot du 1er au 23 Février 2018

Visuel © Araso ADAGP