Il s’en est fallu de peu. 

Deux ans après dbddbb, presque jour pour jour, nous voici revenus sur les lieux du crime pour redécouvrir le travail de l’américain Daniel Linehan. Le jeune prodige venu du pays du 3000 à l’heure (Seattle puis New York, qu’il quitte pour devenir chercheur à P.A.R.T.S.)  travaille cette fois sur l’obsolescence. Son précédent opus sur la marche ponctué de grands coups de hiatus vocaux et d’esclaffements tous azimuts nous avez laissés de marbre, a contrario d’une certaine critique. 

Flood - Araso © ADAGP
Flood – Araso © ADAGP
Flood - Araso © ADAGP
Flood – Araso © ADAGP

Dans Flood, le décor ultra-minimaliste dessine les contours d’un imaginaire qui ne connaitra plus de limites. Un premier voile blanc, brûlé, déchiré, arrosé d’essence, on ne sait trop, révèle une succession de répliques intactes. Des néons sont fixés à différentes hauteurs avec une pente propre à chacun, comme pour indiquer qu’ils ont plus ou moins fait la guerre.

Flood - Araso © ADAGP
Flood – Araso © ADAGP

La profondeur de champ semble infinie sur le plateau noir de Beaubourg, un fragment prélevé sur une scène post-apocalyptique ou dans un manoir abandonné autrefois richement fourni. Entre ces pans de tissu transparent qui couvrent le spectre de l’usure, les 4 silhouettes forment une farandole exclamée ponctuée de corps et de cris, grognements, glapissements, de relations qui se font, se défont à l’avant-scène et se reforment ou non dans la boîte textile. 

Flood - Araso © ADAGP
Flood – Araso © ADAGP

Daniel Linehan crée un univers où les vivants et leurs fantômes sont sur un seul plan, à la fois seuls dans le rapport à l’autre, multiples dans le présent et déjà accaparés par un futur qui arrive trop vite tandis que la buée du passé colle encore aux pupilles. Beauté. 


Daniel Linehan, Flood

Performance vue dans le cadre de sa présentation au Centre Pompidou du 17 au 20 Janvier 2018.