Tomber, se relever. Tomber ensemble, seul, en camarades, sauter pour tomber, se laisser tomber, avoir peur d’y aller, reculer, faire des petits pas. Avec cinq interprètes hétéroclites sur un plateau léché et la musique originale de Camille Rocailleux, Frédéric Cellé conjugue les possibilités de l’Hypothèse de la Chute, son quatrième spectacle en tant que chorégraphe.  

© Araso ADAGP
© Araso ADAGP

Des matelas blancs accueillent les tombeuses et tombeurs qui, de blanc vêtus puis de noir dévêtus, vont se frotter pendant une heure au vertige qui absorbe. On l’aura compris, Frédéric Cellé est fasciné par le phénomène dont il fait un acte de rébellion: chez lui, on ne camoufle pas le bruit que l’on fait quand on tombe, ou comment se gameller devient une oeuvre d’art. 

Sur scène, Justine Berthillot, qui change complètement de registre après avoir conquis le public dans le très épuré Noos en duo avec Frédéri Vernier, Tatanka Gombaud l’interprète qui se frotte à l’acrobatie, le danseur Maxime Herviou, qu’on a vu notamment chez Olivier Dubois, Clément Disquay, comédien déjà bien familiarisé avec les formes de théâtre physique et la danseuse Aurélie Moulhade. 

Tandis que la danse et le jeu prennent des accents pop et acidulés, le ton se veut joyeux, enlevé, léger, pour s’adresser aux plus jeunes dès 8 ans. Les esthètes seront séduits par le décor merveilleusement Gatsbyiesque, le majestueux plongeoir blanc immaculé et ce rideau incroyablement graphique qui joue avec la lumière et transformes les figures aériennes en portés de Christ en Croix. 


L’Hypothèse de la Chute, par la compagnie Le grand jeté, création 2017 présentée à L’arc scène nationale le Creusot en Novembre 2017 et vue en Décembre 2017 au Théâtre, scène nationale de Mâcon. 

En tournée en France jusqu’en mai 2018.