Jerome Bel - Gala © Araso ADAGP
Jerome Bel – Gala © Araso ADAGP

On sort d’un spectacle de Jérôme Bel avec cette idée saugrenue que l’on a tous droit au bonheur.

En tout cas lui le dit, qui fait danser toutes sortes de physionomies et de gueules. Jeunes, âgés, hommes, femmes, enfants, danseurs pros, amateurs, tatoués, percés, classiques, transgenres, handicapés, amputés, membrés, à ses yeux tous les corps sont égaux dans le monde de la danse. La danse appartient à tous, et n’appartient à personne.

Mis à l’honneur par le Festival d’Automne à Paris, qui lui réservait un portrait complet dans le cadre de cette édition 2017, le chorégraphe de 53 ans ouvrait et clôturait le bal avec Gala, présenté hier et aujourd’hui à la MC93, en passant par Disabled Theatre, Cedric Andrieux, Véronique DoisneauPichet Klunchun and myself, The Show Must Go On et Un Spectacle en Moins programmés du Rond-Point à Aubervilliers. 

 La danse ou comment la vie continue dans la maladie, la douleur, le handicap et la solitude. La danse comme raison suffisante de vivre. La danse comme mémoire (Jérôme Bel1995, au Théâtre de la Ville – Espace Pierre Cardin). La danse quand plus rien d’autre n’est possible (The show must go on, 2001et la danse comme une célébration de la singularité. Alors oui, ces spectacles nous les avons déjà vus, cette écriture nous la connaissons. Et pourtant, chaque rencontre conserve la même magie, une innocence rare qu’il arrive excessivement peu de croiser, et dans de moins en moins d’endroits. Et c’est à ce moment-là que les téléphones portables s’allument dans le fond des salles, comme les briquets des concerts d’un temps que les moins de 20 ans… 


Portrait Jérôme Bel, Festival d’Automne à Paris 2017.