Des rivages de l’enfance, Israel a gardé le goût du sel et le son des talons, comme d’autres entendent le bruit des vagues. Taka-gada-gagada…tac ! Aigue comme une aiguille, la dernière note infiltre le parquet.

Avec FLA.CO.MEN, Israel Galván atteint le Graal. Il a la grâce démente et la liberté de ceux qui, au sommet de leur art, n’ont plus rien à prouver. Loin de chercher à l’enjoliver, Israel Galván présente sa pratique brute de décoffrage, décousue main, et la couche sur un lit d’humour.

Israel Galván, FLA.CO.MEN, by Araso
Israel Galván, FLA.CO.MEN, by Araso

En tablier blanc devant un pupitre, en corset noir serré à la taille ou flanqué d’une robe de flamenca blanche à pois rouges qui lui pendouille à l’épaule, il fait de sa liberté un jeu comme d’autres en font des prisons. Fils prodige du flamenco, il porte son titre aux nues et joue comme un enfant.

Avec six musiciens, dont le tandem de Proyecto Lorca, il fait et défait l’histoire de sa danse et en remonte le fil : voici le flamenco dans sa pure essence, un chant d’errance, de métissage et de liberté.


FLA.CO.MEN d’Israel Galván, artiste associé au Théâtre de la Ville, est à l’Espace Cardin jusqu’au 29 Juin 2017. Il s’agit d’une reprise de la création de 2016.