D’une précision laser, la performance est pourtant d’une grande liberté.

Avec May he rise and smell the fragrance, Ali Charhour fait jaillir la voix d’une femme en deuil chantant les lamentations, dont le fils encore chaud (Ali Charhour) convulse à ses pieds. Le spectre vocal magistral s’empare avec grâce d’une berceuse comme du cri de la chienne.

Hala Omran in May he rise and smell the fragrance d’Ali Charhour, illustration © Araso

Ici, le corps ne fait l’objet d’aucune censure, sinon capillaire. Les cheveux tombent sur les seins nus de la sublime Hala Omran comme sur le visage barbu d’Abed Kobeissy qui forme avec Ali Hout le duo Two or The Dragon.

Les danses traditionnelles sont réinterprétées par le bassin masculin délicat et fort d’Ali Charhour. Sa silhouette longiligne bat le sol de tout son corps au rythme des percussions live ou dans le silence des mouvements frappés.

Les images de rêve sont dévoilées comme au cinéma par des jeux de profondeur de champ que permet une création lumière kaléidoscopique.

Entre rêve, deuil, féminité et poésie, le masculin s’élève dépoussiéré de ses cendres.


Performance vue le 6 Juin au Théâtre de l’Aquarium dans le cadre du Festival June Events.