« C’est la première fois qu’un facteur me regarde le doigt »

A 71 ans, la conteuse ultime Marilù Marini porte haut son accent argentin, sa diction impeccable et son humour impayable. A elle seule, elle est tout Copi.

« Toi Blanche-Neige, vieille mémère va faire des tartes aux groseilles ».

Foldingue et lubrique en robe de veuvage, star de cabaret tout en plumes et paillettes, petite mamie au bord de l’indigence, elle est clownesque et pleine de grâce.

Marilu Marini in La journée d'une rêveuse de Copi, illustration Araso
Marilu Marini in La journée d’une rêveuse de Copi, illustration Araso

Avec sa gouaille inimitable, elle répond au piano de Lawrence Leherissey et à la voix-off balsamique de Michael Lonsdale, alternativement à Pierre Maillet.

« Descendants d’immigrants, nous avons gardé une faculté d’adaptation et un penchant pour le déguisement. »

On ne sait plus qui parle : Marilù ou son personnage ? Elle ne se considère pas comme une exilée mais est une intime des cadavres qu’a laissés la dictature de Peròn. L’Uruguay, la France, l’Argentine… le parcours d’une famille nomade, éduquée et engagée sous la dictature.

« Le soleil n’éclaire pas assez en temps de guerre ».

Mais vous Marilù, vous rayonnez.


La journée d’une rêveuse de Copi, adaptation et mise en scène par Pierre Maillet avec Marilù Marini au Théâtre du Rond-Point jusqu’au 21 mai 2017

Illustrations © Araso