Source inépuisable d’inspiration et d’investigation pour les dramaturges, la mythologie grecque est mise sous une lumière particulièrement contemporaine grâce au travail de mise en scène de Luca Giacomoni.

Depuis quelques années, j’entends autour de moi cette expression : nous sommes en guerre. Quel en est le sens ? 

Son Iliade est un projet ambitieux : 17 comédiens sur scène, 10 épisodes d’une heure chacun. Une particularité : certains acteurs sont actuellement détenus au centre pénitentiaire de Meaux.

Le plateau est électrique. 18 chaises, 2 femmes, Sara Hamidi stupéfiante au chant et Armelle Abibou sublime en Hélène/Andromaque. Entre elles, des paragons de guerriers, maris, amants. Tout est là : les jeunes fougueux (Ajax, Hector), qui se battent férocement puis se quittent en frères et les anciens, blasés, (Ulysse, Agamemnon) qui érigent des murs.

iliade, Théâtre Paris Villette, croquis de salle. Illustration Araso
iliade, Théâtre Paris Villette, croquis de salle. Illustration Araso

Le décor est des plus dépouillés pourtant les planches brûlent. Quand le génial Laurent Evuort Orlandi (Hector) prend tremblant son enfant dans les bras et l’instant d’après affronte Ajax Le Grand au corps à corps, plus rien n’existe en dehors de cette réalité qui prend directement le public aux tripes et à la gorge.

Devant nous superbement incarnées les racines de la colère, des conflits et de la guerre, les passions exacerbées, cathartiques et sublimes.


Iliade, de Luca Giacomoni avec le centre pénitentiaire de Meaux, Série théâtrale en 10 épisodes d’une heure, jusqu’au 14 mai au Théâtre Paris-Villette