Les créations de Meg Stuart ne laissent pas indifférent, tant sur le plan esthétique que de l’engagement. «Until our hearts stop a été élaboré à partir du toucher et du contact» dit-elle en introduction. On pourrait s’arrêter là. Dans cette pièce créée à Munich en 2015, le nu permet aux six performeurs de toucher, humer, goûter l’autre jusqu’à l’ivresse à la frontière de la sexualité. La durée du spectacle (2h30) pousse jusqu’à l’écoeurement.

«Until our hearts stop a été élaboré à partir du toucher et du contact»

Car ici, c’est d’intimité qu’il s’agit. On court tout nu sur le plateau, on joue avec les parties génitales de l’autre, on se frappe en soupirant de plaisir, catharsis assurée. La musique live jazzy encadrée par d’épais rideaux de velours situe la scène quelque part entre le club très privé, la cour de récréation et le cabaret.

Claire Vivianne Sobottke portant la robe cheveux dans Until our hearts stop de Meg Stuart - illustration Arasao
Claire Vivianne Sobottke portant la robe cheveux dans Until our hearts stop de Meg Stuart – illustration Araso

L’intimité de Meg Stuart n’existe que dans la bienveillance. Elle nécessite prise de risque, abandon de soi et lâcher-prise. Le public est invité à tisser ce lien en direct, partageant une cigarette, un morceau d’argile, un gâteau, un whisky, dans le cadre-même de la représentation qui s’achève sur une question ouverte : « qui veut prendre soin de nous ? »


Until our hearts stop a été vu dans le cadre de sa programmation au Théâtre Nanterre-Amandiers du 26 au 30 Avril 2017.