Neufs danseurs servis sur un plateau d’or, du même or qui servit aux hébreux pour construire l’idole au pied du Sinaï. L’image dit cérémonie païenne, le son hurle rave, transe.

Introspection : Christian Rizzo, 14 ans, s’éveille à Londres au son de David Bowie comme d’autres trouvent l’Eveil par la pratique assidue du bouddhisme. Dans Le Syndrôme Ian, on retrouve tous ses fétiches : les références au sacré, une musique à réveiller Chaillot, un pan du folklore revisité –ici les danses de salon pour deux.

Et bien entendu, il y a la fumée, qui ménage des respirations, fait masque et créée des tunnels d’accélération dans le temps. La nuit hyperlapsée.

Les papillons de nuit se trémoussent entre les néons dont les branches forment des soleils froids. L’infatigable ballet phototropique ne remarque même pas les incursions en bord de plateau du monstre tout droit sorti de la poubelle de Mulholland Drive de David Lynch et qui se multiplie.

Christian Rizzo, Le Syndrôme Ian, illustration Araso
Christian Rizzo, Le Syndrôme Ian, illustration Araso

A la fin ils sont légion, colonisant le dancefloor avant de s’effondrer, morts.

Rideau, l’âge d’or du night club est révolu.


Le Syndrôme Ian, lauréat du Prix FEDORA – Van Cleef & Arpels pour le Ballet 2015
Vu au Théâtre National de Chaillot le 26 Avril 2017

Illustration by Araso