Certes, on l’attendait encore plus radicale, plus juste, plus libre. La Vera de Karin Viard est délicieusement croquée mais un brin gueularde. Archétype en bonne et due forme elle ne fait pas dans la dentelle.

Perchée sur des escarpins vernis, moulée dans une jupe crayon en cuir et couronnée d’une natte blonde façon Ioulia Tymochenko, Vera est une femme de poigne. La compassion n’habite pas ce corps-avatar d’un capitalisme néo-libéral ultra-violent.

Karin Viard, Vera. Illustration © Araso
Karin Viard, Vera. Illustration © Araso

En montant sa société de casting Vera a fait de la réussite une religion, consumo ergo sum. Certes, elle en est à compter les roses sur le cercueil de son père pour vérifier qu’il n’y a pas arnaque, et alors ? Elle s’est fait racheter par une multinationale. Le monde lui appartient.

Sauf que cette machine de guerre encore plus avide qu’elle a tôt fait de se débarrasser de ce tyran old school. Vera recrachée comme une molécule mal digérée nous rappelle tendrement France de Ma part du gâteau (Cédric Klapisch).

On a tous.tes connu au moins une Vera. Peut-être même a-t-on été elle. La rédemption est-elle au bout du chemin ?


Vera, au Théâtre de la Ville – Les Abbesses jusqu’au 8 Avril 2017

De Petr Zelenka, traduit du tchèque par Alena Sluneckova, version pour la scène Pierre Notte, mise en scène Élise Vigier & Marcial Di Fonzo Bo assistés d’Alexis Lameda, décor Marc Lainé, Stephan Zimmerli, costumes Anne Schotte, maquillage & perruques Cécile Kretschmar, images Nicolas Mesdom, Romain Tanguy, Quentin Vigier.

Avec Karin Viard, Helena Noguerra, Lou Valentini, Pierre Maillet, Marcial Di Fonzo Bo, Rodolfo De Souza.