En 800 Signes

On nous annonce que pour fêter les 40 ans du Centre Pompidou, des sculptures « majeures » extraites de sa collection s’exposent « au sol de la Monnaie de Paris ». Une remise à plat, une sorte de réflexion de fond sur ce qu’est devenue la sculpture aujourd’hui. Et le voyage vaut largement le détour.

Outre la spectaculaire installation très « Othonielesque » de James Lee Byars, Red Angels of Marseille, qui couvre le sol en damiers d’un dédale de perles rouges en spirales, on passe de l’émotion la plus aigüe au rire. On redécouvre surtout que la sculpture c’est aussi des aplats, des senteurs, des installations de lumière, des couleurs vives et une folle intensité dramatique.

James Lee Byars, Red Angels of Marseille, visuel © Araso
James Lee Byars, Red Angels of Marseille, visuel © Araso

Plus de Signes

Dans l’antichambre, juste à côté du ciel étoilé de Pipilotti Rist qui accueille le visiteur sur des airs de dancefloor (sublime installation vidéo, A la belle étoile) les photographies de la plasticienne colombienne Ana Mendieta creusant sa propre tombe à l’empreinte de son corps (Tumba #5) et ses empreintes sanglantes font monter des larmes qui s’étranglent au fond de notre gorge trop serrée.

Heureusement Marcel Duchamp avec son Trébuchet n’est pas très loin, cet objet dans lequel il ne cessait de buter et qu’il a fini par clouer au sol. Jean-Luc Vilmouth, disparu en 2015, imaginait quant à lui une Interaction avec un marteau et des clous qui donne envie de se précipiter chez Castorama et de construire une cabane.

Claudio Parmiggiani, Pittura Pura Luce, visuel © Araso
Claudio Parmiggiani, Pittura Pura Luce, visuel © Araso

Loin d’être figée, la sculpture vit, se construit au contact de l’humain et disparaît aussi. On retrouve avec bonheur la Pittura pura luce de Claudio Parmiggiani qui tient ses promesses dans une orgie de senteurs et de couleurs et l’installation troublante de poésie, l’invitation à marcher et à vivre de Jochen Gerz dont les inscriptions à la craie, le mot « vivre » répété à l’infini sur le somptueux le parquet des salons XVIIIème s’efface à mesure que le visiteur déambule. Une merveille.


A pied d’oeuvre(s) à la Monnaie de Paris jusqu’au 9 Juillet 2017