Si on ne devrait retenir qu’une seule chose de la vaste pensée que nous a léguée Albert Camus, pourquoi pas celle-ci : l’état de siège ne peut survivre que dans la peur. La peur ciment, enclave sur laquelle se construisent les plus hautes barrières avec des fondations de sable.

Quand la peur disparaît, avec elle les chaînes, le diktat, la terreur. Hier un Hitler, aujourd’hui les algorithmes, demain (ou bien est-ce aujourd’hui ?) une pensée automatisée qui nous dit quoi voter, quoi, où, combien et qui consommer.

illustration © Araso
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Certes, la peur agit comme la gangrène sur l’esprit qu’elle contamine. Albert Camus donne le seul remède possible : l’amputation, sans compromission.

Ne sous-estimons pas la force de la volonté, n’oublions jamais la liberté souveraine et inaliénable de chaque individu à de dire non. Ce « non » impérial et tranchant auquel très peu de barrières résistent.

A la veille des élections présidentielles… décrocher un peu du match de ping-pong le plus ennuyeux de la cinquième république et prendre le temps de relire La Peste.


L’Etat de Siège, pièce d’Albert Camus de 1948, a été mise en scène par Emmanuel Demarcy-Mota à l’Espace Cardin du Théâtre de la Ville du 8 mars au 1er Avril 2017.