Saut de cinq ans dans le temps après Pâquerette. Dans Dub Love, pièce de 2013, François Chaignaud, Cecilia Bengolea et Hanna Hedman (à la place d’Ana Pi) font le grand écart entre les pointes et le dub. Le monde de la nuit et ses paillettes se collent aux corps et aux académiques de danse.

Remixés en temps réel par MatDTSound les riddims (« rythm » en Jamaïcain) de High Elements font danser la salle. Les basses que crache le mur d’enceintes orange font trembler les murs en béton du Grand Studio. Le dub surfe sur la vague reggae. Le dub c’est le rôle croissant des ingés son, le flouté des frontières entre les musiques populaires. C’est aussi un style de musique numérique, le dubbing étant le transfert d’un format d’un support sur un autre dans un rôle de restauration et de sauvegarde.

François Chaignaud, Cecilia Bengolea et Hanna Hedman dans Dub Love au CND
François Chaignaud, Cecilia Bengolea et Hanna Hedman dans Dub Love au CND

Sauvegarder ce que la danse a de festif, la joie de vivre, le sens du décalage et du temps fort. En académique de danse, les corps ruissellent, le maquillage de François coule, les paillettes dégoulinent au sol. Dub love est une orgie de vibrations, le salut après la bataille.


Pièce vue dans le cadre de la reprise du répertoire de François Chaignaud et Cecilia Bengolea au CND, février/mars 2017

Illustration © Araso