L’auteur phare de la scène dramaturgique congolaise rencontre feu Sony Labou Tansi, plume monumentale des deux Congos. La douleur et l’espérance. La révolte et la torture. C’est fort, c’est chaud, parfois inaudible.

Erigée au centre au centre du plateau, autour duquel (sur lequel ?) le public prend place, une construction fétichiste faite de bric et de brocs sert autant de mausolée, de loge que de cabine de maquillage et de décor. Le sacré désacralisé.

Croquis de préparation pour Antoine m'a vendu son destin/Sony chez les chiens par Dieudonné Niangouna
Croquis de préparation pour Antoine m’a vendu son destin/Sony chez les chiens par Dieudonné Niangouna

Cette quête de la verticalité sur roulettes (qui ressemble à celle vue la même semaine chez le Blitz Theatre Group) est aussi celle d’un corps qui peine à se construire et ne sait plus de quelle matière il est fait. Son seul espoir se résume à Antoine, prince déchu et enfermé en prison suite à un faux coup d’État. Reste de lui un mannequin synthétique à la peau blanche.

Diariétou Keita dans Antoine m'a vendu son destin/Sony chez les chiens de Dieudonné Niangouna
Diariétou Keita dans Antoine m’a vendu son destin/Sony chez les chiens de Dieudonné Niangouna

Comme toujours avec Dieudonné Niangouna, on lit, on chante et on danse. Diariétou Keita femme totem, mère castratrice, chien, icône, joue tous les rôles avec puissance et délicatesse. Sa danse, plus qu’une invitation à se lever est un appel à l’introspection.


Antoine m’a vendu son destin/ Sony chez les chiens
De Dieudonné Niangouna et Sony Labou Tansi
Avec Diariétou Keita et Dieudonné Niangouna

Au Théâtre National de la Colline jusqu’au 18 mars 2017