Attention : un vent de beauté aride et sec souffle sur Chaillot. Après Mirror and Music et DAH-DAH-SKO-DAH-DAH, Saburo Teshigawara est de retour au Palais avec une création in situ : Flexible Silence. Le chorégraphe et six danseurs approchent tout en délicatesse le répertoire dissonant de l’Ensemble Intercontemporain.

Saburo Teshiragawa in Flexible Silence, Chaillot
Saburo Teshiragawa in Flexible Silence, Chaillot

Ici le beau émane de sources inattendues. Un rayon de lumière, une ombre, un halo, le battement effilé et électrisé du bout des doigts. Des solos et duos stupéfiants dessinent toute une variété d’oiseaux et de plantes aquatiques. Le mouvement des corps crée une bulle d’énergie molle, comme une anamorphose, qui fait émerger des confluences. On croise après l’univers captivant de Murakami, le poignet et le déhanché de Michael Jackson, sa chemise flottant librement –rappel du magnifique Glass Tooth.

Les costumes sont noirs, le cadre est austère et pourtant on a chaud. Comme d’habitude, Saburo Teshigawara signe tout, de la chorégraphie à la lumière -sublime. De purs moments de grâce attendent le spectateur qui sait guetter le silence.


Illustration © Araso