De la Grèce pittoresque qui intéresse le milieu artistique et intellectuel parisien Eli Lotar photographie un oursin dans la main du sculpteur Tombros. Le détail dit tout : il sent l’iode, le sable chaud, les figuiers et le chant des cigales. Il murmure l’ombre de Roger Vitrac et Jean-Bernard Brunius qui tournent l’avant-gardiste Voyage aux Cyclades en 1931, avant que le tourisme de masse n’envahisse les îles grecques.

Eli Lotar, Sans Titre, 1931
Eli Lotar, Sans Titre, 1931

Les clichés vivants et insolites d’Eli Lotar (1905 – 1969) racontent une époque par le choix méticuleux de ses fragments. Les collages surréalistes donnent une perspective unique sur le théâtre Alfred Harry d’Antonin Artaud. Lotar capture l’intimité créatrice de Giacometti modelant dans le tout petit espace d’une chambre de l’Hôtel de Genève. Giacometti sculpte le buste de Lotar que celui-ci photographie en série, de manière compulsive et dont le résultat est une sublime planche qui semble tombée du journal intime du créateur.

Eli Lotar, Atelier Giacometti, 1965 © Araso
Eli Lotar, Atelier Giacometti, 1965 © Araso

Un très bel hommage à l’anti-grandiloquence de sa « Nouvelle Vision ».


Eli Lotar (1905 – 1969) est une exposition du 40e anniversaire du Centre Pompidou, coproduite par le Centre Pompidou et le Jeu de Paume.

Au Musée du Jeu de Paume jusqu’au 28 mai 2017.

Visuel de couverture © Araso

Sans titre, 1931, © Eli Lotar