La pièce est connue, pourtant c’est toujours un choc. On avait oublié cette déferlante de corps nus, les orgies, les viols, les moines pervers aux masques terrifiants, la violence anonyme et ce sublime tableau préraphaélite dont dégueulent les sexes et les pièces d’or.

Maguy Marin, dans son travail inclassable, s’attache à remuer les tréfonds de l’humanité pour en extraire une essence que le quotidien fait oublier. C’est beau, c’est laid et souvent perturbant.

BiT, Maguy Marin, illustration © Araso
BiT, Maguy Marin, illustration © Araso

BiT est une farandole techno qui commence chez les mormons. Six danseurs forment une ronde de plus en plus grisante à mesure que le beat s’accélère (génial sound design de Charlie Aubry). Les visages exultent, les corps se dénudent, les discordances s’amorcent « à contretemps du plaisir du public »*.

La transe anachronique se poursuit au Moyen-Âge que filent des quenouilles. La religion, les harnais SM et le fric transfigurent les corps qui se heurtent, se poursuivent et se retrouvent pour mieux se jeter dans le vide. Dans BiT, l’espoir et le désespoir ne font qu’un, ancré dans la figure de l’Autre.


*Entretien avec Maguy Marin, Propos recueillis par Bénédicte Namont et Stéphane Boitel, théâtre Garonne – Toulouse août 2014, repris dans la fiche de salle du Rond-Point.

BiT, création 2014 de Maguy Marin présentée par le Théâtre de la Ville hors les murs au Théâtre du Rond-Point jusqu’au 11 Février 2017