Un plateau nu, excepté une dalle lumineuse d’à peine plus d’un mètre carré. «Everybody dance now !» et les locataires se succèdent sur ce révélateur faussement superficiel. Thomas Lebrun montre l’exutoire dans tout ce qu’il a d’excitant, de charge sexuelle et de glauque, avec ses timides, ses prédateurs, ses divas et ses exhibitionnistes.

On y croise cinq danseurs exceptionnels –dont le chorégraphe, stupéfiant, tour à tour go-go dancer, meneur de revue, punks (dé)coincés défilant sur Bob Sinclar, Cher et Wax Tailor.

Thomas Lebrun, Les Rois de la Piste, illustration © Araso
Thomas Lebrun, Les Rois de la Piste, illustration © Araso

On suit la chronologie d’une soirée. Les masques tombent, des couples se forment, les corps alcoolisés s’effondrent laissant échapper un sein. Les hommes en cuissardes galbés dans des body de dentelle noir sont sexy en diable. Les mouvements sont d’une beauté et d’une maîtrise à couper le souffle.

Tandis que la salle danse encore sur sa chaise, c’est un ballet de figures christiques qui salue, trois hommes et deux femmes en slips noirs sur Gloria Gaynor, «I am what I am».

 Et la messe est dite.

Rencontre avec Thomas Lebrun autour de sa création Les rois de la piste from micadanses – Faits d’hiver on Vimeo.

Les Rois de la Piste est la dernière création de Thomas Lebrun, donnée au Carreau du Temple les 17 et 18 Janvier dans le cadre du festival Faits d’Hiver.

Illustrations © Araso