26 ans. Roméo et Juliette réunis étaient à peine plus vieux lorsqu’ils se sont donné la mort. 26 ans est l’âge de ce spectacle d’Angelin Preljocaj, créé pour l’opéra de Lyon et repris cette année par le ballet Preljocaj au Théâtre National de Chaillot.

Intervient entretemps, en 1996, le coup de crayon d’Enki Bilal, le même Bilal auteur fétiche de Casterman, à l’origine du projet de BD éponyme Julia & Roem (2011). Il conçoit une scénographie grandiose à la hauteur de la musique éclatante de Prokofiev. La magie opère.

Roméo et Juliette, Ballet Preljocaj, Illustration © Araso
Roméo et Juliette, Ballet Preljocaj, Illustration © Araso

Le traitement est manichéen et joue sans complexe d’un filon déjà bien usé : la belle Juliette bourgeoise très dévêtue tombe amoureuse de Roméo le SDF. Le cortège des cavaliers parade en costume de CRS au pied d’une tour de guet à la Splinter Cell avec un maître-chien en bonus.

Malgré quelques lourdeurs explicatives et des choix de costumes parfois (volontairement ?) hasardeux, le pari est tenu. L’amour impossible est toujours un poison aussi addictif. La danse décolle, le tout est beau, sexy, élégant et tient son public. Du Preljocaj grande époque.


Angelin Preljocaj, Roméo et Juliette
Théâtre National de Chaillot jusqu’au 24 Décembre 2016