La fidélité absolue : celle d’un metteur en scène à ses interprètes, celle des acteurs à Ritter, Dene, Voss, plus connue en français sous le nom de Déjeuner chez Wittgenstein. Créée en 1996, reprise en 2006. Les mêmes, 20 ans plus tard.

La fidélité malgré les trahisons, c’est aussi le leitmotiv de ce huis clos étouffant qui réunit ceux qui ne peuvent pas faire autrement, malgré le souvenir que « tout ce qui avait de la valeur était noyé dans les soupes et dans les sauces ».

Qui n’a pas connu, au moins en partie, ne serait-ce qu’une syllabe des volcans qui sommeillent sous le texte sublime de l’écorché Thomas Bernhard ? Chaque réplique est une phrase culte dont on se délecte avec une pointe d’amertume.

La table est l’autel sacrificiel sur lequel les névroses sont tranchées à la hache. « Elle méprise mon for intérieur mais il faut que je mange ses beignets ». L’amour chantage, l’amour-prison, une humanité « tenue par des contrats (…) qui l’étouffent ». Irrésistiblement croqué, le genre humain éclate dans toute sa splendeur, intemporelle.

Krystian Lupa, Illustration © Araso
Krystian Lupa, Illustration © Araso

Déjeuner chez Wittgenstein est une pièce mise en scène et scénographiée par Krystian Lupa.
Il fait l’objet d’un portrait par l’édition 2016 du Festival d’Automne à Paris.
La pièce est présentée au Théâtre de la Ville aux Abbesses du 13 au 18 Décembre 2016.

Texte : Thomas Bernhard
Traduction : Jacek S. Buras
Mise en scène & scénographie : Krystian Lupa
Musique : Jacek Ostaszewski
Son : Mieczyslaw Guzgan
Assistant scénographie : Piotr Skiba
Avec : Malgorzata Hajewska-Krzysztofik, Agnieszka Mandat, Piotr Skiba