Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia. Cette version de David Bobée met en scène le magnétisme impur, la fascination ambivalente, l’amour-poison.

Suprême, Béatrice Dalle arpente le plateau au sol râpeux qui lui colle à la traîne telle la panthère noire piaffant dans une cage trop étroite pour elle.

La musique live de Butch McKoy, guitare, barbe de hipster et chemise de bucheron à l’appui, ponctue les scènes d’accords saturés. La création lumière dessine des vagues de lune sur les plafonds de la Grande Halle. Elle sculpte les corps d’une armée de bombes aux abdos dessinés comme échappés tout droit de la publicité pour un parfum de Paco Rabanne. L’eau comme horizon, terrain de jeu de leurs vrais batifolages et leurs faux affrontements. Acqua alta, acqua sanguinolenta.

Béatrice Dalle, Lucrèce Borgia, Illustration Araso
Béatrice Dalle, Lucrèce Borgia, Illustration Araso

Tandis que les artifices accouchent d’autant de sublime que ridicule, la figure du monstre haï, la question de la rédemption, le lien de filiation et sa nécessaire transmission, le sujet de la vengeance et du pardon sont fascinants, infiniment.


Lucrèce Borgia, du 30 Novembre au 3 Décembre à la Villette