L’entrée est brute. Des traits griffonnées en niveaux de gris sur d’immenses supports blanchâtres. Est-ce un génie? Un naïf? Un fumiste? C’est intimidant. On sent que l’oeuvre est faussement simple. Il fallut à Cy Twombly deux étés successifs pour achever la série de dix toiles qui composent Fifty Days at Iliam.

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L’écriture fait son entrée, dysgraphique, presque gênante. La couleur, le plus souvent, explose, dégouline, dégueule même. Elle semble incontrôlable mais en regardant de plus près, on saisit le palimpseste, les superpositions élaborées. Une lettre se détache, le « A » rageur de « Apollo », le « O » baveux de « Autumno ». L’homme, issu de l’avant-garde américaine, a lu les antiques et vit en Italie. Une chaîne en forme de doux hiatus se dessine.

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Ses peintures sont des fresques lyriques. Ses sculptures sont doucement archaïques. Ses photographies sont comme des haïkus. Cy Twombly est comme l’invité de son art: une matière aussi puissante que fragile, à la fois vigoureuse et d’une grande délicatesse. Et ça prend aux tripes.

Visuels © Araso


Cy Twombly, exposition au Centre Pompidou à Paris du 30.11.2016 au 24.04.2017