Depuis sa recréation au Lucernaire, la presse ne tarit pas d’éloges sur la pluie, spectacle magnifique et pourtant confidentiel. Mis en scène avec des marionnettes par Alexandre Haslé, ce monologue raconte la douleur d’une babouchka hantée par le souvenir de ceux qui lui ont confié leurs effets personnels avant d’être déportés.

Qu’un spectacle aussi sobre et poétique puisse susciter une aussi forte émotion est précieux : il nous rappelle qu’il n’est pas nécessaire que le théâtre singe un concert de U2 pour être touchant – au contraire. La manipulation à vue des marionnettes consitue elle-même un rejet de tout artifice, et les marionnettes sont exposées sur scène à la fin du spectacle, comme une affirmation que la vérité qui se joue sur scène transcende la nécessité du faire-semblant, ou pour aider le spectateur à distancier ses émotions.

A. Haslé confirme chaque soir la nécessité qui l’a appelé à cette recréation : l’indignité de l’accueil fait aux migrants, et son inquiétude face à la montée des intolérances.

La pluie, Illustration © Araso
La pluie, Illustration © Araso

La pluie, au Lucernaire jusqu’au 26 Novembre 2016