Rocìo Molina apparaît en tenue traditionnelle, arborant une traje de flamenca d’un blanc immaculé. Ses gestes sont lents, d’une précision chirurgicale.

Elle se déshabille sous le regard de ses quatre musiciens. Paternels, fraternels, amants ; difficile de dire ce qui se joue entre eux. En costume de matador, elle explose – littéralement. Les muscles tremblent, les doigts claquent et déroulent le mouvement jusqu’au bout des ongles. La concentration est absolue.

La chrysalide quitte ses cocons successifs et se fraye un chemin hésitant entre une force virile et une féminité enfantine et vulnérable. L’imago enfile une robe sanguinolente et la flamenca barbouille le sol avec le liquide rouge qui coule de ses jambes.

Entre folklore et libération, Caìda del Cielo est l’alternance des clichés que la danseuse incarne pour mieux les combattre avec ses armes : une parfaite maîtrise de son art et un (assez mauvais) goût du rock et des harnais SM. Le résultat est éloquent.

Il n’est écrit nulle part que la tradition doit être un carcan.

Rocìo Molina dans Caìda del Cielo au Théâtre National de Chaillot, illustration © Araso
Rocìo Molina dans Caìda del Cielo au Théâtre National de Chaillot, illustration © Araso

Caìda del Cielo est la dernière création de Rocìo Molina, artiste associée au Théâtre National de Chaillot
A voir du 3 au 11 Novembre 2016