Collant noir, sweatshirt jaune, elle se pose sur le plateau comme une petite abeille. Des néons en rang militaire et un micro suspendu la tête en bas forment le cube noir où Katerina Andreou promène son mini gabarit, entre le silence et la musique expérimentale d’Eric Yvelin.

La danse est anguleuse. A voir Katerina traverser le plateau de long en large sur fond de mitraillettes, on pense aux ballets de guerre de Marie Chouinard. Au théâtre, on serait chez les Peeping Tom: le corps arc-bouté sur chevilles laxes leur semble directement emprunté.

Lolita dégénérée, c’est avec son front et ses cheveux que Katerina parle dans le micro, avant de s’emparer de baguettes de percussion pour aller piquer des hannetons imaginaires. Humour, comique de répétions, son phrasé est celui d’un poète beatnik.

Est-elle la fille cachée de Patti Smith ? Même crinière hirsute, même expression impassible, même fougue. Ce mélange de poésie décalée dans un langage de charretier sur guitare électrique fait sonner les mêmes accords.

Hallef***lujah.

Katerina Andreou in «A Kind of Fierce», illustration © Araso
Katerina Andreou in «A Kind of Fierce», illustration © Araso

Katerina Andreou a dansé A Kind of Fierce les 4 et 5 Novembre au CDC Atelier de Paris.

Cette création 2016 a été programmée au Festival ImpulzTanz à Vienne l’été dernier, partie [8:tension], et a reçu le Prix Jardin d’Europe qui récompense la jeune création chorégraphique.