« Pour dialoguer il faut du temps. C’est ce qui est en train de disparaître, plus personne n’a de temps pour rien. » Ainsi parlait Wim Wenders hier matin sur France Inter.

Du temps, ces deux-là en ont pris, beaucoup : Anaïs Nin et Henry Miller se sont écrit durant plus de trente ans, laissant derrière eux un monument épistolaire. Etrangement, il semble que personne avant la metteure en scène Suisse Françoise Courvoisier n’ait songé à l’adapter au théâtre.

Créée en 2013 au Poche à Genève, la pièce est portée par les incarnations plus vraies que nature de Frédéric Landenberg en Miller fou et intense et Olivia Csiky Trnka sublime en amoureuse de l’esprit du sexe et des lettres. A comme Amour, Appétit de vivre. A comme Anaïs.

Emboîtant le pas à un art contemporain qui hurle des mots à qui veut bien les lire, cette ode enivrante à l’écriture au délicieux parfum de souffre est une source intarissable d’inspiration. L’écriture façonne la pensée, la main sculpte le geste, le regard contemple dans un bonheur infini.

Olivia Csiky Trnka est Anaïs Nin dans «A comme Anaïs», mes Françoise Courvoisier, Illustration © Araso
Olivia Csiky Trnka est Anaïs Nin dans «A comme Anaïs», mes Françoise Courvoisier, Illustration © Araso

A comme Anaïs avec Olivia Csiky Trnka et Frédéric Landenberg
Manufacture des Abbesses
Le dimanche à 20h
Du lundi au mercredi à 21h
Jusqu’au 21 Décembre 2016