Est-ce parce qu’elle résume à elle seule Philip Glass, Robert Wilson et Sol LeWitt réunis ?

Est-ce parce qu’à 76 ans, sa silhouette gracile et son port altier l’affranchissent de l’espace et du temps ?

Lucinda Childs règne avec discrétion et humour sur la danse. Sa pièce sobrement intitulée « Dance » (1979), revue ce mois-ci au Théâtre de la Ville, est devenue un classique, dont même vu mille fois on ne se lasse pas.

A la Commune d’Aubervilliers, assise au premier rang, Lucinda impassible regarde ses danseurs exécuter ses Early Works. Rigueur de la répétition, fluidité du geste : la concentration est absolue. Elle a elle-même, plus tôt dans la soirée, donné un magnifique texte de Susan Sontag dans Description (of a description) au CND de Pantin. Sur scène, elle est encore plus souveraine.

Est-ce une question de pugnacité ? De don ? De vision de son temps et du monde ? De choix du medium ?  De contemporanéité ?

Qu’est-ce qui fait une légende ?

Il y a ceux qui écrivent. Il y a ceux qui inventent la grammaire.



Lucinda Childs fait l’objet d’un portrait par le Festival d’Automne à Paris.