Dans Time’s Journey Through a Room, Toshiki Okada met son texte au second plan au profit des sens.

Le jeu est minimaliste, le décor spartiate, les interprètes bougent à peine un cil.

Le son balise un intérieur invisible bouillonnant -littéralement, un verre d’eau dans lequel surgissent des bulles d’air.

L’épouse décédée revient au domicile conjugal. Elle évoque avec son mari l’avant/après Fukushima. La nouvelle petite amie s’apprête à les rejoindre.

Poupée au visage de porcelaine, la mort incarne magnifiquement la femme maîtresse glaciale et toute puissante. La danse de ses phalanges trahit le corps calme et la voix d’huile.

Une table, deux chaises, un verre d’eau et des œillets qui tendent désespérément le cou vers une sortie imaginaire, crient au malaise.

Le rideau, fenêtre sur un extérieur hypothétique, délimite la cellule où tout se joue sans se jouer.

L’infiniment subtil aiguise les sens les plus endormis. L’infiniment petit est infiniment puissant, lorsqu’il est bien orchestré, et raconte des histoires dont on se souvient à jamais.

Illustrations © Araso


Izumi Aoyagi et Mari Ando sont la vie et la mort dans la pièce de Toshiki Okada, Time's Journey Through a Room
Izumi Aoyagi et Mari Ando sont la vie et la mort dans la pièce de Toshiki Okada, Time’s Journey Through a Room

Time’s Journey Through a Room au T2G Théâtre de Gennevilliers avec le Festival d’Automne à Paris
Du 24 au 27 Septembre 2016.