Avidya c’est, pour le bouddhisme, l’illusion, l’un des maillons qui piègent les humains dans le cycle de leurs tourments. C’est aussi, étrangement, le nom de cette auberge mise en scène par Kurô Tanino, comme un monde qui s’efface, un seuil entre deux univers.

L’un est celui de la modernité, incarné par le Shinkansen, qui doit venir traverser ce recoin de campagne japonaise ; l’autre est celui d’un Japon immémorial, celui des résidents de cette auberge coupée du monde, où l’on vient pour profiter des sources chaudes qui se trouvent là.

L’arrivée d’un couple improbable, un père marionettiste nain et son fils laconique, provoque un enchaînement de scènes, qui se jouent dans les quatre pièces de l’auberge, présentées sur une tournette.

Une pièce déconcertante, burlesque, cruelle, suspendue entre rire et nostalgie. On s’égare parfois, on cherche les codes, on admire les tableaux qui se succèdent, on en ressort troublé. C’est un beau moment de théâtre, subtil et généreux.

Illustration © Araso


Avydia – l’auberge de l’obscurité

Du 14 au 17 septembre à la Maison de la culture du Japon à Paris dans le cadre du Festival d’Automne à Paris

Texte et mise en scène, Kurô Tanino
Compagnie Niwa Gekidan Penino