L’empreinte d’une amitié, d’un amour de la mode, d’une présence évanescente, sont ce qui demeure d’une rencontre. L’un est architecte, disparu en février 2016, un mois après son compagnon de service militaire, un certain André Courrèges. Le second est le plus grand couturier vivant.

Qu’est-ce qui les rapproche ? Qu’est-ce qui fait de cet homme, qui préfère les lignes droites, les obliques en argent qui masquent une main qui tremble, un « dessinateur de mode » comme le veut le libellé de l’exposition ? Rien. Ou plutôt tout : une sensibilité et un regard.

Dans de petits cadres noires alignés comme à l’armée, on voit des formes noires profondes comme le jais. Des silhouettes fantômes, à peine suggérées et pourtant sublimes comme les créations d’Azzedine Alaïa, tellement déconcertantes. On y voit des calques et des travaux préparatoires pour révéler, grâce à l’insistance du petit-fils Laszlo Parent, l’émotion et le souffle retenu derrière le crayon frémissant. Et c’est beau.

Visuel © Araso

 

Dessiner la mode 
Exposition des encres de Claude Parent inspirées des créations d’Azzedine Alaïa
Du 2 au 25 Septembre 2016
Galerie Azzedine Alaïa, 18 rue de la Verrerie, 75004 Paris