Après Les Damnés et Place des Héros, la danse prend le relais de l’angoisse à Avignon avec des performances esthétisantes et rares.

La belge Lisbeth Gruwez, passée par le P.A.R.T.S. d’Anne Teresa de Keersmaeker et les rangs de Jan Fabre, avec lequel elle créée Je suis sang en 2001 à Avignon. En 2004, elle s’engluait dans une mer d’huile avec le solo retentissant Quando l’uomo principale è una donna.

Elle revient à Avignon en 2016 avec sa création We’re pretty far from ok. En duo avec Nicolas Vladyslav, qui comme elle a travaillé avec Sidi Larbi Cherkaoui, elle est l’angoisse faite chair. Leurs deux corps bougent avec une beauté folle, se convulsent, respirent, spasment et se relâchent sans même quitter leurs chaises.

Emmurés dans leur agitation ils se touchent sans se voir. Des étreintes sans désir s’enchaînent, aveugles et sourdes.

Tandis que passe le train de l’épouvante, le son nous scotche à nos sièges. On en ressort étonnement légers, vidés de nos angoisses que le spectacle a drainées.

C’est raide et c’est sublime.

Illustration © Araso

We’re pretty far from ok, Festival d’Avignon 2016,
Chorégraphie LISBETH GRUWEZ
Anvers
Gymnase Paul Giéra, du 18 au 24 Juillet 2016 à 18h30
Création 2016, 1h