En 2016, proposer une seule et unique image montée en exposition tient plus que de l’audace ou de l’arrogance : c’est une profession de foi.

L’éloge du seul, du peu, de la profondeur, ici ce n’est pas du marketing. Wade Guyton vit et travaille à New York. Né en 1972, il fait partie d’une génération d’artistes qui met en question la production des images à l’ère du numérique.

Après les Black Paintings, il choisit le mur de son atelier pour seul horizon. Toujours avec d’immenses imprimantes à jet d’encre, il le copie et le colle à très grande échelle. Dans l’espace démesuré du Consortium de Dijon, l’image finit par s’user. Délavée, elle mue littéralement dans la rétine de celui qui la regarde. Ce sont des champs et des maisons que l’on voit dans ces contre-impressions de bleu.

Monochromie, elle devient une forme vectorisée, un logo duplicable à volonté. Décomposée jusqu’au moindre pixel elle devient complètement anonyme.

Inutile d’essayer de glaner des clichés sur la toile : l’expérience est à vivre sur place.

Wade Guyton, au Consortium de Dijon jusqu’au 25 Septembre 2016

Visuels © Araso