Je n’aime pas la danse classique. Je n’étais pas allée à l’Opéra depuis le Maguy Marin, en avril. Au début de cette saison j’interviewais tout de même Dorothée Gilbert, un amour. Là, je vois enfin le William Forsythe que tout le monde porte aux nues.

Avec Of Any If And je m’endors. Snobs, des mots étroits et inféconds paradent sur scène enfilés comme des perles « Body of texture rare all in nothing ». Même avec Léonore Baulac et Adrien Couvez c’est ennuyeux à mourir.

Approximate Sonata m’emporte. La bombe Alice Renavand déboule en justaucorps noir taquinée par Adrien Couvez. Marie-Agnès Gillot y danse comme une déesse avec ses longues jambes.

Le choc survient avec Blake Works I, création de William Forsythe sur la musique de James Blake. Et là, alerte : beauté, frissons. C’est sensuel, sexy en diable, avec du voguing et des freestyles comme au hip-hop et (incroyable) les danseurs s’amusent !

Ces 25 dernières minutes ont bouleversé mon rapport à la danse académique. Et rien que pour ça, ça en valait la peine.



 

William Forsythe, danse, 2h
A l’Opéra Garnier jusqu’au 16 Juillet
Il reste des places, à partir de 25 euros en ligne le jour-même

Visuels © DR